Et si je vous disais Bonne Année !!

Bonne Année!!Deux mots sésame. Ils vous ouvrent les portes. Vous n’y pensez que dal. Votre interlocuteur, qui esquisse un large sourire crispé, encore moins. Il vient d’en aligner plusieurs dizaines. Il ne s’encombre pas de la parlotte. Il dégaine par SMS. En un seul clic des milliers de « Bonne Année » Une pour le cousin grincheux au bout du monde, une pour le voisin irascible, une autre pour l’amour secret. La bonne année c’est l’occasion d’irradier large. Pourtant, chiche ! L’hypocrisie n’est pas dans l’expression automatique des « Bonnes Année » que le commun des Africains  exprime. Elle se loge, sans vergogne, depuis plusieurs années, dans le discours anesthésiant des chefs d’Etat de ces contrées en déliquescence permanente. Certains disent que c’est depuis cinquante ans, peu importe le temps.  Le 31 janvier, selon le calendrier de ces régions froides, c’est la fin de l’année. C’est aussi le début des ritournelles, celle surtout des litanies sans saveurs, des promesses à coucher dehors. Cet héritage colonial revendiqué avec tambours et roulements. De discours bilan, il est devenu un insipide amas de projections à tenir. Vous n’y croyez pas ? Eux aussi ! Une tradition, même coloniale, dites-vous ? C’est une tradition ? Le bon élève répète après le maître. Dites !« Bonne année », même pour rien !!

Afrique Reporters

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