17 mai 2009
BORN TO RULE
is the autobiography of an African-president monarch who does not want to pass away without leaving anything in writing to future generations. The book is more than just the autobiography of a president in that it has responded to all the key issues that most people have been asking about the development and underdevelopment of Africa. It is a seminal contribution to the world's collective knowledge of African and world history. At times it is compellingly incisive, satiric, and tongue-in-cheek and, in some places, trenchantly hard-hitting and humorous in its brutal portrayal of the way Mandzah and, by extension, the African continent, is managed and mismanaged.
About the Author
Tah Asongwed was born in Baforchu (Mbu), Bamenda, Cameroon. After completing secondary school in Sacred Heart College, Bamenda, he attended the Cameroon College of Arts, Science and Technology in Bambili. He subsequently attended the Universities of Ottawa, Toronto, Massachusetts and Paris 111. Tah Asongwed worked briefly for Radio Cameroon. He was a lecturer in Laurentian University, Canada, a translator-interpreter with the West Africa Rice Development Association, and a principal interpreter with the African Development Bank where he was elected the chairman of the Staff Council. Tah Asongwed has published scholarly articles in linguistics journals. He is also a musical artist, composer, arranger and producer.
ISBN 9789956558421 | 208 pages | 203 x 127 mm | 2009 |
Cameroon's Social Democratic Front Its History and Prospects as an Opposition Political Party (1990-2011)
Cameroon's Social Democratic Front (SDF) was among the watershed challenges in 1990 by sub-Saharan Africa's democratization forces against autocratic regimes, but it crested in 1992 and has subsided since. Yet the party survives, participates in the National Assembly, maintains a grassroots structure, and prepares for a presidential ballot in 2011 that will probably determine its fate. The author conducted research four times in Cameroon, 1989-1999, focusing on the SDF since 1991, and maintains party contacts to the present. The book assesses its history and its prospects, covering the SDF in Africa-wide as well as Cameroonian terms. ISBN 9789956558162 | 120 pages | 216 x 140 mm | 2008 | , Cameroon
11 mai 2009
LE TELEPHONE PORTABLE EN AFRIQUE
Mobile phones : the new talking drums of everyday Africa |
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10 septembre 2008
ATEBA EYENE: LE LIVRE DE TOUS LES PARADOXES
En souhaitant épargner la chèvre et le choux, le livre de Ateba Eyene, Les paradoxes du pays organisateur: Elites productrices ou prédatrices; le cas de la province du sud-Cameroun à l'ère Biya (1982-2007), pose une loupe distraite sur la situation du Cameroun. En général, quand l'on veut comprendre le pourquoi et le comment d'une situation cahotique, l'on pose la question usuelle "Qui a organisé? l'auteur pose t-il cette question? D'une expérience personnelle, Maurice Nguepe, sous le prisme du livre, analyse la lente descende en enfer du cameroun
1. Notre histoire commune Cher ami Ateba Eyene, Lorsqu’en 1995, la corruption avait définitivement fait son lit dans les grandes écoles de formation de notre pays, et particulièrement à l’École Normale Supérieure de Yaoundé, je fus l’un des milliers de jeunes Camerounais à en être victime. Je m’étais présenté au concours d’entrée à l’ENS en 1995, 1996, 1997, 1998, 1999 et 2000 avec le même résultat : Échec. On connaît la cause : mon appartenance ethnique indésirable et mon refus de préparer l’enveloppe contenant les frais de corruption. Pourtant, j’étais l’un des meilleurs étudiants de ma promotion. J’avais d’ailleurs accumulé des diplômes à la faculté, lesquels m’avaient permis d’enseigner bénévolement à l’Université de Yaoundé I en passant le concours avec mes étudiants qui réussissaient pendant que j’échouais.
Au moment où je vivais ces injustices, tu dirigeais tranquillement la propagande du RDPC au sein du campus, soutenais le discours idéologique du régime et participais à ta manière à l’élaboration de l’idée de la création d’une bourgeoisie économique Béti, idée qui, à la prise de pouvoir de Paul Biya en 1982, était au cœur des débats entre le RDPC et le groupe Essingan. Pour ta belle œuvre, tu reçus la promotion dont tu parles dans ton interview au Messager du 30 juillet 2008: «Mon épouse et moi, nous sommes tous deux, cadres supérieurs de l’administration camerounaise depuis environ 10 ans et nos salaires mensuels réunis avoisinent les cinq cents milles francs. (500.000Fcfa).»
T’étais-tu soucié de ce que nos camarades, qui avaient lancé les premiers mouvements de revendication, étaient devenus? Je ne crois pas. À titre de rappel, un régime, un gouvernement, l’État du Cameroun en l’occurrence, signa un décret pour exclure de toutes les universités du pays ses propres fils, parce que ceux-ci avaient exigé de meilleures conditions d’étude. C’est quelque chose de très grave qui se produisit, et dont on n’en parle plus. Ces enfants du Cameroun errent aujourd’hui à travers le monde, et depuis lors, le Cameroun a ouvert la voie à la fuite de ces propres cerveaux. Je m’étais donc trouvé, moi aussi, dans l’obligation de quitter ce pays qui m’a vu naître et qui m’a en même temps rejeté. Première direction l’Europe, ensuite l’Amérique.
J’ai parcouru au total près de vingt mille kilomètres, bravé les airs et les océans pour réaliser mon seul et unique rêve : devenir enseignant. Au moment où je t’écris, de centaines de compatriotes, cherchant à réaliser le leur, sont en train de braver le sable du désert algérien, dans l’indifférence totale de notre gouvernement. Mais continuons l’histoire : je me suis alors présenté au concours d’entrée à la faculté d’éducation de l’université d’Ottawa (l’ancienne École Normale du Canada). En une seule fois, j’ai réussi le concours, une réussite qu’en six reprises, je n’avais pas pu réaliser dans mon propre pays. Après la formation, j’ai déposé mes dossiers pour un poste d’enseignement.
En une seule fois, je l’ai également eu ! Me voilà fonctionnaire, à sept mille kilomètres du Cameroun, dans un pays où je n’ai même pas la nationalité. Tu l’as dit toi-même dans ton interview au Messager, et je te cite : «L’esprit de méchanceté, de division et de conflits qui caractérise l’Homme du Sud n’est pas un atout en matière de développement.» Comme tu le vois, notre histoire commune est celle de deux Camerounais dont l’un a été intégré dans le régime en raison de son appartenance tribale et l’autre exclu pour me même motif. Mais l’histoire ne s’arrête pas là: vu mes diplômes obtenus ailleurs, le ministère de l’éducation était tenu de me classer à la catégorie A4. Pour ce faire, il fallait que les universités de Francfort (Allemagne) et de Yaoundé I (Cameroun) fassent parvenir au Canada mes relevés de notes, mes diplômes et une lettre de confirmation.
Point besoin de mentionner qu’en 48 heures, l’université de Francfort avait réglé la question. Quand à l’université de Yaoundé I, il lui a fallu plus d’un an pour régler le problème. Voici l’extrait d’une lettre que j’ai reçue l’an dernier du ministère de l’éducation au Canada: «Monsieur, Pendant votre appel du 8 juillet dernier, vous aviez fourni le numéro de télécopie du Secrétariat Général de l'Université de Yaoundé I, Cabinet du Recteur, (+237) 22 22 13 20. Suite à votre appel, plusieurs essais d’expédition ont été faits par nos Services des dossiers, mais sans succès. Nous regrettons de vous informer que le numéro de télécopie du Secrétariat Général de l’Université de Yaoundé I ne fonctionne pas non plus. Nous devrons donc attendre la réponse de la Faculté des Arts, Lettres et Sciences Humaines (FALSH) de l'université de Yaoundé I par courrier postal.»
À la Faculté des Arts, Lettres et Sciences Humaines (FALSH) de l'université de Yaoundé I, il n’existe donc pas de ligne téléphonique, ni de fax. Au cabinet du recteur de la même université, le numéro de fax n’est que figuratif. On m’apprendra plus tard que le fax n’y fonctionne qu’en interne. L’université de Yaoundé I et le ministère de l’enseignement supérieur sont donc des institutions coupées du reste du monde. Si les secrétariats de nos universités n’ont pas le moindre fax, que dire de nos facultés de sciences et de médecine, où les laboratoires sont presque inexistants et qui sont pourtant appelées à s’ouvrir chaque jour au monde à travers des programmes audacieux de recherche scientifique et d’échanges interuniversitaires?
Voilà, à la lumière de la situation dramatique à l’université de Yaoundé I, ce qu’il convient d’appeler désormais la souffrance nationale. Et pendant que la nation souffre, tu sors un livre , Les paradoxes du pays organisateur, dans lequel, évitant la question nationale, tu confonds la fonction de ministre à celle de l’élite du village, et tu tombes dans cet amalgame qui consiste à voir, dans le ministre, l’homme investi du pouvoir non d’assurer le bon fonctionnement des institutions dont il a la charge, mais plutôt de développer sa tribu.
2. À quoi sert un ministre? Cher ami Ateba Eyene, la province du Sud n’est pas un département ministériel, encore moins une société d’État. Un département ministériel a une envergure nationale et une province n’a que des prétentions régionales. Le ministère de l’enseignement supérieur, par exemple, a pour but, à ce jour où nous ne vivons pas dans un système fédéral, de créer des universités dans chacune des dix provinces du Cameroun.
Ce ministère a l’obligation de s’assurer que chacune de ces universités est dotée des infrastructures adéquates, que les secrétariats de chaque faculté sont dotés de fax, de téléphones, des ordinateurs et de l’Internet, que la pelouse et les toilettes sont bien entretenues, que les amphithéâtres sont équipés de la bonne sonorisation, que les bibliothèques sont fournies et renouvelées, que les laboratoires répondent aux normes internationales, que l’administration universitaire est diligente et assure l’effectivité des échanges interuniversitaires nationales et internationales, que les enseignants respectent la déontologie de la profession, etc. C’est par là que le développement commence.
Le développement ne commence pas par l’appel au doyen de la faculté, au recteur de l’université et au ministre de l’enseignement supérieur afin qu’ils utilisent le budget de leurs institutions pour investir dans leurs provinces natales parce qu’elles en sont des élites. Non! Ils ne peuvent suivre cet appel qu’en détournant les fonds de leurs institutions à ces fins autres. Voilà pourquoi j’affirme, contrairement à l’idée communément admise, que ton livre est un appel aux détournements des fonds publics. Le ministre des travaux publics et des transports, de son côté, doit avoir une vision nationale de la gouvernance et élaborer une politique globale de construction des routes et des autoroutes reliant toutes les provinces du Cameroun les unes aux autres.
Il ne lui revient pas de construire des routes au Sud simplement parce qu’il en est originaire et a été nommé par le chef de l’État, lui-même originaire du Sud. À l’état actuel de notre système centralisé, la fonction de ministre n’a pas une essence tribale. C’est une fonction de dimension nationale.
3. Qu’est-ce que c’est qu’un «pays organisateur»? Cher ami, si je parle du discours tribal du RDPC qui triomphe de nouveau, c’est aussi en raison des sérieuses difficultés que j’ai eues avec ton concept de «pays organisateur». Qu’est-ce que c’est? Est-ce une province? Une ethnie? Je pense bien que c’est l’un ou l’autre, puisqu’il est question, dans ton ouvrage, de présenter les élites prédatrices de la province du Sud et leur incapacité à activer la roue du développement dans la région. C’est donc l’ensemble de ces élites que tu englobes dans le terme pays organisateur.
Tu le fais à juste titre, car ils sont très nombreux, comme tu l’as toi-même mentionné: «5 Secrétaires généraux de la Présidence de la République, 22 ministres, 42 directeurs généraux de sociétés d’État, 5 généraux d’armées, 2 directeurs du cabinet civil, 8 recteurs et chanceliers d’universités, 10 directeurs de grandes écoles, 17 Présidents de conseils d’administration (PCA) des sociétés d’État, etc.» C’est un ostracisme systématique, planifié en haut lieu avec un rare cynisme contre les autres provinces et ethnies. Et on sait très bien quel est le groupe ethnique le plus visé par cette machine institutionnelle génocidaire. As-tu critiqué cette exclusion de la nation entière au profit de la seule province du Sud? Non. Pour toi, le Sud est le «pays organisateur»!
Pourtant, aucune ethnie, aucune province, n’a le droit de se considérer comme «pays organisateur», fût-elle l’ethnie du président de la république ou la province ayant le plus de membres dans les différents corps de l’État. Autrement dit, ce n’est pas à la province ou à l’ethnie que revient la mission de diriger le Cameroun, mais bien évidemment au gouvernement. Oui, l’initiative de la gestion des affaires républicaines incombe aux partis politiques vainqueurs des élections qui forment le gouvernement.
Avec le terme «pays organisateur», qui représente la province du Sud ou l’ethnie Boulu, tu confonds l’ethnie au gouvernement. Cette confusion que tu fais entre l’ethnie Boulu (qui, d’après toi, dirige le Cameroun) et le gouvernement (qui a une dimension nationale) est ethnocidaire et alarmante, car c’est elle qui légitime la conception idéologique erronée du RDPC qui trouve dans l’expression «notre pouvoir» ou «le pourvoir béti» l’occasion d’exclure les autres provinces de la gestion des affaires.
Avec cette confusion, tu fais un clin d’œil au discours du RDPC selon lequel les Bamilékés veulent conquérir le pouvoir Béti, une aberration qui a conduit à faire du problème Bamiléké la marque de commerce du régime Biya. Faire cette confusion entre l’ethnie et le gouvernement t’enlève le statut d’éclaireur car, à confondre l’ethnie au gouvernement, il ne faut s’attendre à rien d’autre qu’aux détournements des fonds publics de la part des ressortissants de l’ethnie. Il est donc urgent de trouver le moyen supprimer la mise en relief du concept de «pays organisateur» de la couverture de ton ouvrage, autrement, tu risques de préparer la jeunesse camerounaise à la distorsion de la réalité et à la dangereuse idée selon laquelle chaque province ou ethnie devra attendre son tour de prise de pouvoir pour diriger le Cameroun.
4. Louange au président et opportunisme politique Un certain courant critique te fait le reproche de n’avoir pas fait mention de ta vision nationale en indiquant que la situation que tu décris au Sud est la même que l’on rencontrerait ailleurs, dans d’autres provinces. Ce courant présente une approche elle aussi critiquable dans la mesure où tu as indiqué à la couverture de ton ouvrage que tu ne traitais que du cas de la province du Sud. Or, à bien voir, ta problématique ne peut pas être transportée et appliquée à d’autres régions.
Car, elles sont nombreuses, les provinces du Cameroun qui n’ont pas eu autant de ministres, de généraux d’armées et de Dg, ou alors qui n’ont même pas d’élites du tout. Comment alors est-il possible d’appliquer ta problématique dans ses ethnies et provinces? Pour n’avoir pas eu d’élites, la problématique du rapport entre l’élite (fabriquée) et le développement ne s’y pose donc plus. Du coup, une application de cette problématique dans ses provinces conduirait au constat d’une réalité plus alarmante encore.
Mais ce qui est surtout étonnant dans ton approche et qui remet en doute ton honnêteté intellectuelle, c’est que tu ne t’opposes pas au fait qu’une province de 550.000 âmes sur 17 millions s’octroie à elle seule tant de ministres, de Secrétaires généraux de la Présidence de la République, de Directeurs généraux des sociétés d’État, de généraux d’armée, etc. Voilà une injustice qui, pour toi, est une bonne chose, puisque tu ne critiques que le fait qu’avec cette pléthore d’élites fabriquées, le Sud ne soit pas devenu un El Dorado. C’est ainsi que Jacques Fame Ndongo, en bon professeur et idéologue du RDPC, reconnaît, dans son interview au Messager du 31 juillet 2008, que ton livre est un discours idéologique, c’est-à-dire une manière de parler qui correspond à la pratique rdpciste, et affirme à cet effet que vos deux parutions (ton livre et son livret) «ne sont pas antagonistes. Elles sont complémentaires et enrichissent le débat.»
Sur un autre plan, ton soutien à la personne du chef de l’État, qui rend d’ailleurs problématique la scientificité de ton approche, suit la même logique de ton soutien à cette injustice organisée par le pouvoir. Pour avoir fabriqué la pléthore de ministres et ces DG originaires du Sud que nous connaissons désormais, tu lui déclares ton indéfectible attachement: «Que le nom du chef de l’État cesse d’être le passeport de l’élite de qui on attend un bilan. Je dénonce le fait que le nom du président Biya sert de kangourou aux gens qui refusent d’être responsables». Je comprends ta ferveur militante au sein de ton parti, mais cette déclaration me parait doublement dangereuse.
D’une part parce qu’on y voit l’expression de cette louange au chef qui a caractérisé la gouverne sous les tropiques sous Ahidjo et Mobutu et qui risque d’avoir encore du chemin, d’autre part parce que tu soutiens l’injustice de la pléthore de ministres au Sud et critiques paradoxalement ses résultats. Tu as parlé de «paradoxes»? Voilà où réside le véritable paradoxe, car il est facile de réaliser qu’en concentrant tous les membres d’un régime à l’intérieur d’une province, le résultat ne peut être autre chose que les luttes internes et la chute du pays tout entier. Point besoin de préciser que s’il y avait eu justice et équilibre au niveau global, c’est l’ensemble du Cameroun qui serait sorti vainqueur de la bataille pour le développement. Au lieu donc de plaindre les élites prédatrices du Sud, il faut remettre en question le soutien que tu apportas et que tu apportes encore au sein du RDPC dans la fabrication de cette injustice.
Maintenant on peut comprendre que tu n’aies jamais soutenu les revendications de nos camarades étudiants des années 1992 à 1998. À ce niveau, le Messager a voulu savoir pourquoi avoir attendu la fin probable du séjour de Paul Biya à la magistrature suprême pour ouvrir ce débat ? Ta réponse a été, à mon sens, évasive : «Ce débat n’arrive ni de façon précoce ni tardivement. Il arrive à temps. Si je l’avais engagé 10 ans plutôt, on m’aurait dit que les projets arrivent. Si je l’engageais après le président Biya, on allait dire que j’ai protégé les miens.
Le temps est propice aux débats embarrassants». Or la question, pour être plus claire, aurait été formulée comme suit : Pourquoi avoir attendu la fin probable du séjour de Paul Biya à la magistrature suprême pour ouvrir ce débat alors que tu avais la possibilité de le faire pendant les grandes années de revendications estudiantines (1990-1998)? Juste après la sortie de ton lire, il m’a semblé un moment qu’il t’a fallu quinze ans pour comprendre le sens réel des revendications successives des étudiants que nous étions alors et que, pour cela, tu étais pardonnable, car comme dit l’adage, mieux vaut tard que jamais. Mais la réalité, c’est que tu n’as pas changé.
Tu n’as pas toujours compris ou alors tu ne veux pas toujours comprendre la profondeur de ces revendications qui portaient entre autres sur l’assainissement des cliniques universitaires, la suppression ou la diminution des frais élevés d’inscription, le retour de la bourse, la modernisation des bibliothèques et des laboratoires de recherche, etc. Quinze ans après, tu reviens sur la scène avec le même discours tribal, mais cette fois-ci dans sa version corrigée et raffinée, ce discours qui marqua l’idéologie du RDPC depuis 1986. Le système d’exclusion et de haine tribale que ton parti mit alors en place déshonore aujourd’hui le Cameroun et l’Afrique toute entière. Ce système nous humilie à un moment où, sous nos yeux, émergent en Asie et en Amérique latine, et à une vitesse éclair, des pays que nous aurions aidés il y a trente ans. Face à cette honte qui est désormais nationale, il est urgent de trouver des solutions institutionnelles pour notre survie et notre relève.
5. Le fédéralisme comme solution camerounaise Accorde, cher ami et compatriote, que nous revenions à ton interview accordée à Cameroun-Info.net le 12 juin 2008. À la question «On pourrait vous rétorquer que ces ministres et Dg de sociétés publiques sont là pour servir la République et non pas leurs régions d’origine…», tu as répondu : «Je suis d’accord avec vous.
Mais il faut interroger le sens du mot élite. En 1970, le professeur Augustin Kontchou a soutenu son mémoire de Dess sur le thème, Les remaniements ministériels au Cameroun. Il y a dans les nominations ce qu’on appelle équilibre régional dans notre pays. Cela signifie que l’élite a une contrainte par rapport au pays, certes, mais par rapport à sa localité. Or, il se trouve que pour le cas du Sud, l’apport de l’élite n’est pas très visible. Il y a un star-system politique dans le Sud, mais sur le plan du développement collectif, il y a problème. Si une élite est incapable de servir sa région d’origine, est-ce que sa charité va commencer ailleurs ?»
L’équilibre régional, que tu mentionnes ici pour soutenir la «charité» que l’élite ministérielle du Sud devrait faire dans cette province, est l’un des concepts les plus ethnocidaires, voire génocidaires, que les régimes dictatoriaux du Cameroun aient jamais inventés. Sous d’autres cieux, il serait cependant un concept humanitaire.
Mais ne peut soutenir ce concept dans notre contexte, comme tu le fais, que celui qui y voit l’occasion de favoriser des injustices, de donner des avantages et des privilèges (ce que tu appelles «charité») à un groupe ethnique au détriment d’un autre, au nom de sa minorité démographique ou intellectuelle présumée. En outre, je me serais attendu à ce que tu exiges une répartition équitable des ministres et des DG à l’échelle nationale, répartition qui tiendrait compte de la proportionnalité démographique. Si tu l’avais fait, il aurait été plus facile de lire objectivement les éventuelles disproportions et ainsi, la promotion du concept d’équilibre régional en termes de charité aurait eu un sens. Tu ne l’as pas fait. Tu n’as pas critiqué le fait qu’il y ait 22 ministres, 5 Secrétaires généraux de la Présidence de la République, 42 DG et 5 généraux d’armée, etc. dans la seule province Sud au détriment des neuf autres provinces. Ton argument de l’équilibre régional ne tient donc pas. Tu n’y tires que ce qui t’intéresse, parce que ta vision, comme celle du RDPC, reste essentiellement tournée vers la tribu et le favoritisme des frères du village.
Pourtant, le système politique qui permet à chacune des provinces d’une nation et à la nation elle-même de s’épanouir et de se développer s’appelle «le fédéralisme». Au stade actuel de la configuration de nos provinces, le meilleur combat politique que la jeunesse devra livrer dès aujourd’hui est celui d’un retour à un fédéralisme qui fera du Cameroun une république fédérale avec dix provinces fédérées. De la sorte, chaque province fédérale aura son parlement et ses députés élus, son premier ministre ou gouverneur élu, son gouvernement avec des ministres élus préalablement comme députés.
Ainsi, à l’intérieur de chaque province fédérée, la liberté d’expression sera assurée, les députés et les ministres provinciaux travailleront effectivement à la réalisation des projets de développement endogène. Les gouvernements provinciaux s’occuperont de l’éducation, de la santé, de l’urbanisme et de l’habitat, de la police provinciale, des affaires sociales. Seuls, la défense, les affaires étrangères, le contrôle supérieur de l’État, le patrimoine national et quelques autres ministères clés reviendront au gouvernement central fédéral. Voilà comment les grandes démocraties, en Allemagne, aux USA, au Canada, en Australie et même tout près de nous au Nigéria, ont résolu le problème crucial de l’ethnicité, de l’élite et du développement.
Ce système a le mérite de cultiver à la fois l’amour de sa province et de la nation, d’annuler la tentation du tribalisme et du génocide et de faire des provinces (voire des ethnies) des pôles de développement endogène. En l’appliquant à notre cher pays si multiethnique, le fédéralisme permettra de résoudre de façon merveilleuse tous les problèmes auxquels chacune de nos provinces fait face depuis des décennies : Au Nord- et au Sud-ouest, les nouvelles institutions parlementaires et gouvernementales de ces provinces favoriseront la résolution interne du problème anglophone qui n’a que trop duré. Chacune des trois provinces septentrionales y trouvera l’occasion d’afficher son génie créateur dans la redynamisation du concept du développement autocentré, très cher à l’ex-président Ahidjo. Dans la province de l’Ouest, les populations évolueront à l’intérieur des institutions démocratiques provinciales et apporteront, tout comme leurs compatriotes des provinces du Littoral, de l’Est, etc., leur pierre au bon fonctionnement des structures fédérales. La province du centre continuera de bénéficier de son double statut de siège des institutions provinciales et fédérales.
Avec le fédéralisme, les richesses, au lieu d’être accaparées par une poignée d’individus «prédateurs», comme c’est le cas dans les régimes centralisés, seront équilibrées non seulement au niveau des provinces, mais aussi au niveau des différentes couches sociales. Les richesses de chaque province serviront véritablement à son développement. Et à l’intérieur de chaque province, les gouvernements fédérés s’attèleront à résorber l’épineux problème du chômage et de l’analphabétisme qui a atteint dans maintes régions des proportions nécessitant des interventions humanitaires (à l’Extrême-Nord par exemple). Comme on le voit, ton livre n’aurait pas suscité tant de critiques amères s’il avait été publié à l’ère de ce fédéralisme-là.
Il se serait alors adressé aux ministres du gouvernement de la province fédérée du Sud qui auraient confondu les caisses de la province à leurs avoirs personnels. En effet, dans ce système fédéral, que j’appelle de tous mes vœux, le ministre (qu’il soit du gouvernement provincial ou fédéral) n’est pas nommé sous la seule volonté du chef du gouvernement provincial ou du chef de l’État. Il est d’abord élu comme député par le peuple avant d’être éventuellement nommé comme ministre. En tant que député, le ministre devient une élite choisie par le peuple. On sort alors de la logique de la fabrication des élites sous la base du favoritisme tribal pour entrer dans celle qui veut que l’élite se construise elle-même, par ses propres efforts, au contact de la réalité du terrain à laquelle est confronté le peuple lui-même. Ce faisant, notre ministre-élite, qui s’est auto-construit et a été ipso facto élu comme député sous la base d’un programme, saura répondre, à l’intérieur de son ministère, aux revendications légitimes des populations qui l’ont plébiscité.
Conclusion
Cher ami et compatriote Ateba Eyene, «l’heure du bluff est terminée». Il est temps de sortir de l’idéologie tribale du RDPC et de lutter ensemble pour l’instauration d’une démocratie fédérale au Cameroun, laquelle donnera à chacune de nos provinces des institutions leur garantissant un développement à la fois endogène, transprovincial, national et global. Cette idée de fédéralisme pourra, à mon avis, être le point de rencontre où nos divergences trouvent un consensus. Tu déclares, en effet, dans l’interview au Messager : « Je soutiens que le Sud n’a aucune organisation, aucune association, aucun cadre de concertation qui peut servir de lobby pour le suivi des problèmes de développement de la région.» Voilà que la pratique fédéraliste décrite plus haut satisfera cette attente qui t’est chère, en même temps qu’elle assurera à chacune de nos provinces un développement continu (même au cas où, dans un futur proche ou lointain, on avait un président de la république paresseux) et permettra à l’ensemble du Cameroun de décoller véritablement.
Sincèrement,
Maurice NGUEPE Institut d'Études Africaines, Québec
26 août 2008
DEUX AUTEURS CAMEROUNAIS
Deux auteurs camerounais d'expression anglaise posent un regard sur le Cameroun. Depuis l'exil, ils font un constat de juriste, d'historien et de pamphlétaire sur la situation de leur pays. Cette forme de littérature dépouillée gagnerait à être connue dans l'espace francophone
Born in Cameroon, Emmanuel Fru Doh holds a Ph.D in English (Literature emphasis) from the University of Ibadan, Nigeria. Between 1990 and 1997 he taught African Literature at the University of Yaounde I (ENS Bambili), Cameroon, during which time he established himself as a major voice in Cameroon’s literary arena. An accomplished teacher, poet, and critic, Emmanuel Fru Doh currently teaches in the Department of English at Century College, Minnesota, U.S.A. where he is also Associate Editor of Phantasmagora.
Africa's Political Wastelands. The Bastardization of Cameroon Emmanuel Fru Doh
Africa’s Political Wastelands explores and confirms the fact that because of irresponsible, corrupt, selfish, and unpatriotic kleptocrats parading as leaders, the ultimate breakdown of order has become the norm in African nations, especially those south of the Sahara. The result is the virtual annihilation of once thriving and proud nations along with the citizenry who are transformed into wretches, vagrants, and in the extreme, refugees. Doh uses Cameroon as an exemplary microcosm to make this point while still holding imperialist ambitions largely responsible for the status quo in Africa. Ultimately, in the hope of jumpstarting the process, he makes pertinent suggestions on turning the tide on the continent.
ISBN 9789956558629 | 200 pages | 229 x 152 mm
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Preface
I barely made it back to Cameroon alive after a gruelling apprenticeship at the
University of Ibadan, Nigeria, that left me gasping for breath because of the
rigorous nature of the academic atmosphere I experienced on that campus. It was
with enthusiasm, then, that I returned to my native country, Cameroon, excited
to begin serving a rich and ambitious student population by practising and
imparting on to them what I had learned from some of the very best Africa could
offer. I have always loved teaching and still do. However, my search for a
position in the country’s university system, at the time, 1990, exposed me to
another side of life in Cameroon—the nasty—as I came to realize that things
were not what they should be, at least as I had grown up experiencing and
expecting. I grew up happily during the Southern Cameroons and West
Cameroon days, and became an adult full of hopes during the United Republic
of Cameroon era, only to be frustrated by the ongoing epoch of The Republic of
Cameroon.
My years away as a university student had deprived me of opportunities
of being initiated into the chaotic, corrupt, and totally tragic administrative
structures that climaxed years after the demise of the Ahmadou Ahidjo regime.
Thanks to a few altruists I met upon returning home, especially Professors Linus
Asong and Ba’bila Mutia, and the late Engineer Charles Fofang, I was navigated
through the maze of corruption and man-made hurdles until somehow I got
recruited into the university system as faculty. It was the beginning of my
education into the uncharted waters of a nation’s shameful labyrinthine alleys of
disorganization and mismanagement—dysfunctionalism. There was absolute
turmoil from the ministries down to the chancellery. Shocked, because of the
order I had seen within the educational set-up on Nigerian university campuses,
I managed to serve the university for seven years before throwing in the towel. It
was that or lose my mind in an effort to survive, transformed into a sycophant,
where it was my right as a qualified and devoted professor to exercise my duties
freely.
In April of 1997, I left Cameroon for the diaspora, abandoning an
otherwise burgeoning career as a university professor because of the stifling
conditions under which one was working. It was frustrating, an atmosphere that
was further exacerbated by government policies that destabilized the mind by
adding financial woes to already stress-warped thought processes as one worried
about the direction in which one’s career and even the nation were headed.
Nobody, apparently, from the minister of higher education to the vice chancellor,
seemed to care about anything, not even for the students that one was supposed
to be serving; it was all politics and a dirty game of survival in usually shady
positions of power and wealth.
Away from home, I had to begin afresh, painfully aware of how much I
could have achieved already were my country—Cameroon—a sane society
instead of the wasteland that, like most of Africa south of the Sahara, it was
being turned into by a corrupt club of banditti masquerading as leaders. The
beginning was not easy, of course, like every beginning, but with God, and a
programmed society with a sacred constitution designed to serve its population,
vii
I was able to begin a new life, even with a heart throbbing for Cameroon, for my
people. I had to survive.
From beyond the national boundaries, and having had contact with
different societies around the world, I have come to consider it a duty to review
my homeland in an effort to see how far down the drain it has gone. The idea is
to jumpstart our loving and hardworking citizens out of a state of stupor,
orchestrated by heightened corruption, into realizing what procrustean
leadership has done to a once thriving nation. This effort is all the more urgent as
the vast majority of young adults today were born during this era of social decay
within the country and so know no better. Cameroonians born in the seventies
and after, have never known a local police force, for example, that was not prone
to corruption; they have never known that there was a time when a person went
to prison for giving a bounced check. To this generation, therefore, supposedly
the future of this nation, all the citizens think they need is a job and some money
to keep finding their way through the maze of sleaze and professional ethical
squalor that marks social life in Cameroon today. My idea, therefore, is to let
Cameroonians know that there could be better, that there had been better, and
that corrupt practices need not be the way of life. In a corrupt society, only a
few—the conniving and powerful—continue to enrich themselves even as others
think they are making it too. But in a law-abiding nation, I have come to realize
that the vast majority make it; yes, all who can afford to discipline themselves
and seek gainful employment. This is the case because everybody benefits from
the social, economic, and political stability of the nation, which are the
ingredients that fertilize the environment and lead to lush existence instead of
the haphazard efforts at survival that characterize Cameroon under Mr. Paul
Biya’s regime; a regime, like most in Africa, fashioned, guided, and still being
influenced by unpatriotic despotic zeal along with imperialist whims.
Because this is an honest effort at bluntly diagnosing a nation’s woes in a
bid that somehow Cameroonians, and Africans as a whole, may begin working
towards a better tomorrow, personal names have often been intentionally left out
and only mentioned where the deeds of the individuals amount to common
national knowledge. Names are also mentioned where it is believed individuals
deserve recognition for their effort, in one way or another, towards improving
upon the situation anywhere in the country. Our frustration and dissatisfaction
are with the system and those people who through selfishness and neglect of
their duties and responsibilities have fuelled the collapse of our nation, or else
looked the other way while mayhem established itself as a system in a nation
that has known better days. Most petty individual perpetrators of the ongoing
state of anomy are themselves only victims of the system. They are the debris of a
national disaster, drowning men and women clutching at straws of corruption
and chaos for survival even though their niggling actions, comparatively
speaking, have helped fan the flames of national destruction by raising
corruption in Cameroon, and Africa as a whole, to shocking heights. Some
individuals, accordingly, are bound to have their pride wounded by this effort,
and so frown at it, but one has no choice. The plight of the suffering masses, and
not a powerful but corrupt minority, is our concern here, and so this venture is
more of a duty to us than otherwise. This is especially the case because being
able to look at Cameroon from beyond, has brought to the fore so many
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unhealthy practices in the face of which one cannot afford to remain mute. After
all, it is said one needs a mirror to see oneself better. Accordingly, by looking at
other systems overseas a reflection of the chaos in most countries within the
mother continent slaps one in the face.
Accordingly, a “true” portrait of Cameroon is a combination of what it is
when experienced both from within and from without, especially when cultural
and socio-political values are compared and contrasted with the situation in
other nations. In this regard, it is a painful fact that Cameroonians are made to
dream that there is cooperation between the Cameroonian government and
certain Western governments, such that people even dare to hope the West will
bring about positive change in Cameroon. How often have Cameroonians hoped,
for example, that by getting involved and working with either the government or
the opposition, the United States will help in bringing about the end of certain
political malpractices in the country? Cameroonians were to realize belatedly,
that Cameroon, at best, was only a blip on the radar scope of the State
Department which did not even feature on the agenda of the particular United
States government at the time? As Alex Thomson has rightly pointed out, after
the cold war, “Apart from a desire to spread liberal democracy and capitalism
across the globe, African affairs troubled few within Washington DC’s circle of
foreign policy makers” (151). Equally devastating to these hopes is the fact that
not even Britain’s government seems to remember Cameroon, its former
protectorate, else how does one explain the Baroness of Asthal’s blunder when in
her capacity as Britain’s Under-Secretary of State in the Foreign and
Commonwealth Office she referred to Cameroon as a Francophone country (Jua
92), thereby displaying her ignorance of the bilingual nature of the Cameroon
nation which her country once colonized. In this light, Cameroon, in the main,
has been examined against the backdrop of imperialist activities within Africa in
the past and today. The idea is to see if one can agree with those who think it is
time Africa be held responsible for her plight today instead of being continually
accorded the role of victim in the hands of Western nations, organizations, and
their activities on the continent.
We, as Africans, especially those south of the Sahara (we are always
carved out thus, as if we are that other Africa), are at a point in our history when
the truth must out in a forceful and more direct manner. Our concerns now must
transcend petty individual egos as we take stock in an effort to see how we can
salvage a continent that was bastardized by colonialism only to be repeatedly
abused by irresponsible leadership, and one dares to say the citizenry also, as
people have now fallen so low as to condone corruption by doing whatever it
takes to make ends meet. The result is the collapse of order as African states are
reduced into veritable political wastelands.
This then is a continental stock-taking, done through the Cameroonian
experience, in the main, provoked by the denigrating images encountered abroad
of a hospitable and hardworking people—Africans. Many African countries can
be used effectively to portray the tragic political wastelands characteristic of
Africa today, but Cameroon is ideal for at least two main reasons. Primarily, the
continent of Africa is too complex, and more so are the problems and their
causes, for any one volume to make claims of attempting to address the
happenings in each country within the entire continent. For this reason, a
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country considered significantly representative is used as an example for
addressing the pulverizing crisis situation in Africa today. Cameroon fits the
mould. Secondly, Cameroon is the choice because this is a country that became
independent with minimal crisis, comparatively speaking. It was nurtured by
Ahmadou Ahidjo, albeit dictatorially, into a thriving economic bastion in Africa,
only to be completely bastardized by a parvenu, Paul Biya. This choice of
Cameroon notwithstanding, when it is appropriate, illustrations are taken from
other African countries.
It is unfortunate indeed that the damning portraits of Africa, somehow,
rarely make it back to the continent such that Africans can react to them
accordingly. As a result, many Africans sit back thinking so-called advanced
countries are truly out to help them, even as conniving African leaders bleed
their countries dry with the help of armed forces that only obey without
thinking. It is common knowledge that it is more complex from a soldier’s
standpoint than this may reveal, but then, too much is too much. Africans,
especially those from African countries still dangling from the reversed umbilical
cords gripped by their colonial plunderers, must stop dreaming, wake up, and
face the truth about how African nations can survive without Western
superintendents breathing behind them for whatever reason. Freedom and
development are qualities that are never handed to a people; they must be
wrenched out of the hands of the oppressors, be they from within or without. But
first, in the vein of the Igbo saying alluded to by Chinua Achebe, we need to
know where the rain beat us so we may begin thinking of knowing where to dry
our national bodies (“Role of the Writer” 157).
At best I am a social critic and not a political scientist as such. Even then
my love for the subject is natural, such that as a boy of about five I remember
asking my father what it took to be Ahidjo. Ahidjo had been in power for so long
that his name became synonymous to “head of state”, a position that looked like
the highest form of success to a child. It was no surprise then that I nursed
thoughts of reading political science in college. Alas when the time came, Ahidjo
was still head of state and had established a notorious reputation for himself as a
bloody dictator such that it did not require any effort for me to be dissuaded
from my dream career. It was a turf permanently scanned and purged by Ahidjo
after the manner of the biblical Pharaoh who went as far as to kill all children
under a certain age in the hope of eliminating the newborn king. Rumours
confirmed that Anglophone Cameroon had only one Political Scientist at the
time, Mr. Samuel Fonyam, and it was said his every move was closely monitored
by the regime. Accordingly, I ended up, after other interesting twists of fate,
studying in the Department of English at the University of Ibadan, Nigeria. The
program, however, was such that beyond the department, one was able to follow
lectures by guest speakers and also take courses in other departments like
Philosophy, History, and Classics. Subjects like African Political Thought, and
Modern Political Thought, to name two, nursed my interest in politics, and so
have events in the world, especially Africa, but more so Cameroon. Though
somewhat fretful about my competence to delve into a territory outside my area
of professional expertise as such, the will to educate, highlight, and redirect my
suffering compatriots was overwhelming. Along with my confidence in the
training given me at Ibadan, to dare and master, I set to work, emerging with this
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venture: Africa’s Political Wastelands: The Bastardization of Cameroon. My goal,
however, was to produce a work that the professional and the lay person alike,
the latter especially since they form the baulk that needs conscientization, could
read, enjoy, and benefit from without being weighed down by heightened
professionalese as is typical of works by scholarly experts intended for their
peers. Accordingly, if the least I have achieved is to highlight our problems as
Africans through the Cameroonian experience such that we can begin
questioning and examining our daily actions and how they impact upon Africa’s
image and welfare as a whole, I would have succeeded.
To those who feel that because some of us left Cameroon when we did
we betrayed a struggle, my answer is that I knew where it pinched the most, and
so it was better for me to keep running while continuing the struggle, than to
have stood my ground and ultimately fallen without a fight. To retreat, regroup,
and then do battle is the strategy of many a successful warrior, and to learn from
the masters is not a sign of weakness.
This book is, therefore, not an attempt to insult anybody; rather, it is an
honest examination of the Cameroonian national conscience, as a microcosm of
the continent of Africa, in the hope of transforming us all into national prodigals
willing to make amends, for we have all erred in one way or the other against the
image of our nation and continent as a whole. Accordingly, every Cameroonian
must sit back and review his or her lifestyle, and answer to his or her own
conscience if he or she can call himself or herself a responsible citizen. If not, then
we must begin changing as individuals by charting new social, political, and
ethical courses, and subsequently broaden out in the way we apply these trends
in the face of other Cameroonians, and before long, we would be serving
Cameroon and Africa better. We are a noble people by our traditional ways, and
so we must revert to our ways or perish aping others along paths charted for us
by alien values and experiences as the trends today indicate.
Imperialistic Politics in Cameroun
Resistance & the Inception of the Restoration of the Statehood of Southern Cameroons
Carlson Anyangwe
It always comes as a surprise to many that the British-administered UN Trust Territory of the Southern Cameroons was not granted independence like other colonial territories but was allowed to fall prey to the territorial expansionism of the contiguous state of Cameroun Republic, a former French-administered UN Trust Territory granted independence on 1 January 1960. This book focuses on the unresolved Southern Cameroons colonial predicament, giving insightful accounts of how Cameroun Republic hijacked the Southern Cameroons and is holding its citizens under colonial bondage. The insights include details of the stratagems resorted to by Cameroun Republic to exact submission to its annexation of the Southern Cameroons and to conceal this crime from outside censure. These attempts have met and continue to meet with stiff resistance by the people of the Southern Cameroons. The book is a contribution to the loud and intense conversation on the inevitability of the restoration of the stolen statehood of the former British Southern Cameroons, the restitution of its occupied territory and the reassertion of the dignity and humanity of its people.
African Books Collective, Oxford
Published by Langaa RPCIG, Cameroon |
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