ETUDES CAMEROUNAISES

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27 décembre 2007

LA SANTE PUBLIQUE AU CAMEROUN

Etude de la vitalité financière et économique du secteur de la santé publique au Cameroun : cas de l'année 2001.

Par Jean Robert TIKOUOKA

Plan de l'article :

I- INTRODUCTION
II- METHODE
III- RESULTATS
IV- CRITIQUES ET DISCUSSIONS
V- CONCLUSION.

I - Introduction

A la fin de l'année 2000, le Cabinet Défis santé Publique a entrepris dans le cadre de ses activités une étude de suivi des aspects économiques ayant trait au domaine de la santé publique au Cameroun. Pour la première fois dans l'histoire du système de santé camerounais, l'économie du secteur de la santé publique se trouvait au cœur d'une rétrospective à travers la présente étude. Il était question dans le cadre de cette étude de mettre en exergue la vigueur économique du système de santé du Cameroun tout au long de l'année nouvelle, c'est-à-dire l'année 2001. Un exercice qui était utile afin d'éviter de continuer à voir les efforts de travail fournis en matière d'économie de la santé se noyer, comme au cours du millénaire passé, dans le foisonnement de l'information générale brièvement évoquée ou non en fin d'année dans le cadre des rétrospectives par les média.

Cette étude se veut une contribution qui devrait aider à poser un regard vitré sur la prolifération des conclusions, plus ou moins erronées, qui sont véhiculées par une certaine opinion et qui décrient régulièrement la passivité du secteur de la santé au Cameroun au plan des actions économiques d'envergure. En effet, il est courant d'entendre, lorsqu'il est question de porter un jugement sur le système de santé au Cameroun, dire que rien ou presque rien n'est fait au plan économique ou financier pour mettre au service de la population un système de santé mieux organisé pour des services de soins à la fois efficients et efficaces.

Au nombre donc des objectifs de cette étude, il y avait, la volonté traditionnelle du Cabinet Défis Santé Publique de faire prévaloir la dimension économique de la santé au Cameroun, une dimension souvent éclipsée au détriment de la dimension clinique mais qui survient très rapidement surtout lorsqu'il s'agit de critiquer le système au plan des moyens financiers aloués notamment. Aussi, l'étude est restée constante sur l'option de revalorisation de la collaboration intersectorielle dans l'approche des questions de santé publique au Cameroun. Enfin, l'étude visait à fournir aux partenaires de la santé publique au Cameroun un outil de travail qui, tout au long de cette année 2002, devrait servir d'aide mémoire par rapport aux options économiques retenues en 2001. Ceci devant aider à un meilleur cadrage de leurs activités de programmation-budgétisation des actions sanitaires.

II - Méthode

La méthode utilisée pour atteindre les objectifs de cette étude était basée sur la collecte de tous les articles parus dans la presse écrite camerounaise (publique ou privée). Ainsi, tous les journaux parus au Cameroun entre le 2 janvier 2001 et le 31 décembre 2001 ont été parcourus, soit environ 2.000 numéros de publication. Toutes les publications ayant trait aux aspects économiques (offre, production et demande de santé) et du financement des activités du domaine de la santé publique au Cameroun en 2001ont été collectés. Ces articles ont été ensuite regroupés. Enfin, une synthèse en a été faite pour ressortir l'essentiel avec autant que faire se peut la date de l'action posée ainsi que son auteur. A l'issue de ce travail de titan, une rétrospective d'actions économiques et financières de santé publique au Cameroun en 2001 a été produite en guise de résultats à cette étude.

III - Résultats

Au terme de cette étude, les résultats montrent une richesse importante des actions économiques et financières posées dans le domaine de la santé publique au Cameroun en 2001. Voici l'intégralité des différents actes ayant trait à l'économie et au financement de la santé publique au Cameroun :

® Du 24 au 26 janvier 2001, le Cameroun organise les deuxièmes journées intégrées de vaccination contre la poliomyélite. L'objectif visé était de toucher au minimum 2.900.000 enfants de 0 à 5 ans. La cérémonie de lancement était présidée par le Conseiller Technique n°1 du Ministère de la Santé Publique. C'était également l'occasion de dresser le bilan des premières journées qui avaient, dit-on, connu un important succès. Une somme globale de 147,5 millions de francs CFA avait été consacrée au succès de l'opération.

® Le 20 février 2001, introduction des enseignements de la médecine des catastrophes en Faculté de Médecine et des Sciences Biomédicales de l'Université de Yaoundé I. Une conférence est donnée dans ce sens par M. Xavier Emmanuelli du SAMU (France) sur le thème ''Historique de la Médecine des catastrophes''.

® En février 2001, la Banque Mondiale fait parvenir aux responsables de l'hôpital de district d'Eséka (province du centre) un lot de matériel roulant (une ambulance, une camionnette double cabine et trois motos de marque Yamaha). Le montant de cette offre est évalué globalement à la somme de 125.000.000 F.CFA.

® Le 21 février 2001, l'unicef fait un don de 7 motocyclettes et 2 véhicules doubles cabines toute saison à la délégation provinciale de santé publique de l'Adamaoua.

® Le 21 février 2001, le Ministre Martin Okouda des Investissements Publics et de l'Aménagement du Territoire accorde un entretien au journal Cameroon Tribune. Dans cette interview, il parle de l'obtention par le Cameroun d'un accord de crédit d'un montant de 37.500.000.000 Fcfa auprès de la Banque Mondiale pour le financement du Programme Multisectoriel de lutte contre le vih/sida au Cameroun.

® Le 22 février 2001, l'hôpital protestant de Njisse (département du Noun, province de l'ouest) reçoit un don de matériel sanitaire du personnel médical et paramédical de l'église évangélique du Cameroun. La valeur globale de l'offre est estimée à 1.500.000 Fcfa.

® Le 23 février 2001, dans une interview à Cameroon Tribune, l'artiste camerounais Elvis Kemayo répondant à une question de savoir : '' Si l'on vous donne une baguette magique et qu'on vous demande de formuler un vœu pour votre pays que choisirez-vous ? Réponse de l'artiste : " Je demanderai à la divine providence que le remède contre le Sida soit une invention camerounaise ".

® En mars 2001, Une mission de l'Observatoire national de la corruption en service à Douala prend en flagrant d'élit de corruption active deux médecins de la ville. Les deux corrompus sont arrêtés et placés en garde à vue puis à la détention préventive à la prison centrale de New Bell (Douala).

® le 17 mars 2001, le Rotary Club offre à l'hôpital provincial de Limbe(province du Sud-ouest) des dons d'une valeurs de 3 .800.000 f cfa sous forme des lits et autres équipements hospitaliers.

® Le 27 mars 2001, la Commune urbaine d'arrondissement de Yaoundé VI se dote d'un centre hospitalier. Il s'agissait d'un hôpital communal dont la réfection aura coûté 4.000.000 Fcfa. Une oeuvre entièrement financée par le budget de la commune. Le stock initial des médicaments, estimé à un montant de 8.000.000 Fcfa, était un don de ''Pharmacien Sans Frontières'' de la Basse Normandie en France.

® Le 31 mars 2001, Madame Chantal BIYA, l'Epouse du Chef de l'Etat Camerounais, organise à Yaoundé une soirée dite ''nuit de solidarité'' en faveur des malades du vih/sida. Au cours de cette soirée où avaient pris part de nombreux dignitaires de la République, 315 millions de francs CFA sont mobilisés au profit de la lutte contre le vih/sida au Cameroun.

® Le journal Cameroon-Link n° 07 d'avril-mai 2001 fait état de la signature d'un accord de subvention entre la Société Nestle Cameroun et l'Organisation Non Gouvernementale " Programme d'Assistance Humanitaire " d'un montant de 16.000.000 Fcfa. Un financement destiné, selon les termes de la convention, à renforcer les Soins de Santé Primaires notamment la lutte contre les MST/SIDA/Tuberculose en l'an 2001 dans les districts de santé de Lebialem (province du Sud-ouest) et de Bonassama (province du Littoral).

® Le 25 avril 2001, dans le cadre des manifestations marquant la 1ère journée africaine de lutte contre le paludisme, les responsables sanitaires du Cameroun révèlent que 40% du budget de la santé des ménages étaient consommés par le seul paludisme. Pour une lutte efficace, les moustiquaires imprégnées subventionnées sont mises à la disposition des populations au prix de 5.000 Fcfa au lieu de 8.000. Cette baisse du prix de détail des moustiquaires devait s'accompagner d'une réduction annoncée des droits de douane perçus sur les moustiquaires. Tout ceci pour faciliter l'accès à un plus grand nombre de ménages. Les moustiquaires au Cameroun sont en vente dans quatre provinces du pays : Centre, Sud, Est et Littoral.

® le 31 mars 2001, la Croix rouge Camerounaise promet la construction de deux centres de santé dans le district enclavé du Nord - Makombè après une formation des secouristes.

® Le 20 avril 2001, le Journal Le Messager publie une interview du Dr Michèle Tardy, Responsable de l'hôpital du jour à l'hôpital central de Yaoundé. Pour elle, la baisse des prix des antirétroviraux intervenue le 22 mars 2001 devrait permettre d'élire un plus grand nombre de personnes à la trithérapie.

® 27 avril 2001, dans sa quête des médicaments antirétroviraux bon marché pour la lutte contre le vih/sida au Cameroun, le journal '' Le Messager'' dans sa parution du jour, annonce l'entrée en négociation du Gouvernement camerounais avec la société indienne CIPLA pour l'approvisionnement du Cameroun aux prix bon marché des médicaments anti-rétroviraux pour ses nombreux malades.

® En avril 2001, l'Etat camerounais finance à hauteur de 20 millions de francs CFA la construction d'un bâtiment devant abriter les services de maternités à l'hôpital de Nguélémendouka, province de l'Est-Cameroun.

® En avril 2001, le Rotary Club, partenaire du développement sanitaire au Cameroun, offre aux populations de Badeng des équipements au centre de santé de la localité d'une valeur estimée à 10 millions de francs CFA.

® En avril 2001, dans le cadre de micro - projet parlementaire, le député Ouetchoua du Social Democratic Front (SDF) offre une case de santé aux populations du village Bandeng dans la province de l'Ouest Cameroun.

® Les 2 et 3 mai 2001, le comité de gestion provinciale des pharmacies publiques auprès des six districts de santé de la province du sud décide de la baisse de l'ordre de 33% des prix des médicaments dans les hôpitaux du sud à partir du 1er juillet 2001. Cette mesure concernait 40 variétés de médicament.

® Le 6 mai 2001, une délégation des médecins saoudiens arrive à l'hôpital de Maroua dans la province de l'Extrême-Nord du Cameroun. Pendant une dizaine de jours, ces spécialistes médicaux se sont occupés de la chirurgie de l'enfance et des os. C'était la deuxième fois qu'une telle visite se matérialise dans le cadre de la coopération entre le Cameroun et l'Arabie saoudite. La délégation avait dans ses bagages un important lot de médicaments et d'équipement destiné à renforcer le plateau technique de cette institution hospitalière.

® Le 10 mai 2001, l'hôpital Laquintinie de Douala reçoit un don de matériel d'une valeur de 120.000.000 FCFA de la banque humanitaire de la Manche (Basse-Normandie France) et de la société DOBA Logistics S.A.

® Du 21 au 23 mai 2001, le dixième séminaire de la médecine des catastrophes à lieu à Yaoundé. La rencontre intéresse particulièrement la première promotion d'étudiants camerounais en médecine des catastrophes.

® Le 24 mai 2001, le Cameroun reçoit un financement du gouvernement français d'un montant de 650.000.000 FCFA. Cette somme devrait aider à à renforcer la lutte contre les MST/SIDA et autres infections opportunistes. A la signature de la convention du financement le Cameroun était représenté par le Ministre Okouda des Investissements Publics et la France par l'Ambassadeur Jean Paul Veziant.

® Le 08 juin 2001, le ministre de la santé publique, Monsieur Urbain Olanguena Awono, inaugure le dispensaire catholique Saint Jacques de Minkama (Département de la Lékié). Un investissement d'une valeur de 32 millions de francs cfa. Un projet co-financé par la Cameroon Oil Transportation Compagny (26 millions) et la congrégation des sœurs de Pierre Clavalte (4 millions).

® Le 20 juin 2001, Passage du Ministre Olanguena Awono de la Santé Publique devant la Commission des Finances de l'Assemblée Nationale pour la défense du budget de son département ministériel pour l'exercice 2001-2002. Il séduira les élus du Peuple en classant la lutte contre le paludisme parmi ses priorités. Il obtiendra d'ailleurs pour cette activité spécifique une enveloppe de 1.650.000.000 Fcfa.

® Du 23 au 24 juin 2001, l'association des ressortissants Fontsa-Touala (arrondissement de Fokoué, province de l'ouest) résidant en Europe offre un don de 160 kg de médicaments aux formations sanitaires des arrondissements de Fokoué et de Santchou (province de l'ouest) d'un montant global de 2.550.000 Fcfa.

® En juin 2001, le centre de promotion de la femme de Batouri (province de l'Est) se dote d'une pro-pharmacie. Le coût du stock initial des médicaments est évalué à 400.000 Fcfa.

® Le 30 juin 2001, le Président de la République signe le décret promulguant la loi de finances pour l'exercice 2001-2002. Le Ministère de la Santé Publique reçoit une enveloppe de 69.136.813.000 Fcfa dont 6.000.000.000 qui proviendront des fonds de l'Initiative en faveur des Pays Pauvre Très Endettés (IPPTE).

® Le 31 juillet 2001, le Ministre Olanguena Awono de la Santé Publique en compagnie d'une délégation chinoise visite le site de l'hôpital gynéco-obstétrique de Ngousso (Yaoundé) d'une valeur de 5.000.000.000 Fcfa. Cet hôpital est le fruit de la coopération sino-camerounaise.

® Les 2 et 3 août 2001, le palais des congrès de Yaoundé abrite un atelier de réflexion sur le comment éradiquer le phénomène des médicaments vendus dans la rue au Cameroun. La réunion qui était présidée par le Ministre Urbain Olanguena Awono de la Santé Publique avait pour objet essentiel l'élaboration d'un plan national de lutte contre la vente illicite des produits médicamenteux.

® le 03 août 2001, Le Centre de Santé Intégré de Ndjoré (province du Centre) abrite une cérémonie de remise de don. Il s'agit de 30 lits d'hospitalisation avec matelas, 20 tables de chevet, une moto et du matériel médical divers. Le geste est de la Première Dame du Cameroun, Madame Chantal Biya.

® Le 21 août 2001, le Cameroun bénéficie d'un financement extérieur pour le secteur de la santé publique. Il s'agissait d'un don d'un montant de 421 millions de francs CFA octroyé par l'Alliance Mondiale pour les vaccins et la vaccination (GAVI).

® Le 21 août 2001, l'Ambassade des Etats-Unis au Cameroun annonce un financement américain pour les Organisations Non Gouvernementales en vue de la lutte contre le vih/sida. Ainsi, l'Ambassade promettait un financement d'une valeur de 4 à 12 millions de francs CFA aux ONGs qui travaillent sérieusement dans le combat contre la pandémie du sida au Cameroun.

® Le 27 août 2001 (coopération sanitaire et lutte contre les Maladies Sexuellement Transmissibles), la coopération allemande GTZ ouvre à l'hôtel Mont-Fébé de Yaoundé une session de formation à l'intention des agents de lutte contre les maladies sexuellement transmissibles (MST) en milieu rural au Cameroun. Les participants qui venaient de différents horizons géographiques du Cameroun, ont été entretenus sur l'historique, les modes de transmissions et de préventions ainsi que sur les implications sociales du vih/sida.

® Le 18 septembre 2001, le Ministre de l'Enseignement Supérieur signe un communiqué relatif à la publication des résultats d'entrée en Faculté de Médecine et des Sciences Biomédicales de l'Université de Yaoundé I. Sur 2500 candidats ayant pris part aux épreuves du concours, 90 sont retenus pour les quelques six années de formation en médecine au Cameroun.

® Le 11 octobre 2001, le Secrétaire d'Etat à la Santé Publique, M. Alim Hayatou, préside la cérémonie de remise des diplômes aux élèves de l'école d'infirmiers d'Ayos arrivés en fin de formation. M. Alim Hayatou saisit cette occasion pour annoncer la réhabilitation prochaine de l'école d'infirmier et de l'hôpital d'Ayos. Ceci grâce à un financement de la Banque Africaine du Développement (BAD) d'un montant de 2 milliards de francs CFA. Les districts de santé d'Obala et de Gog-Mapubi devraient également en tirer un profit de cette enveloppe.

® le 02 novembre 2001, le Sécretaire d'Etat à la Santé Publique, M. Alim Hayatou, préside la cérémonie de remise des diplômes à 781 personnels de santé parvenus en fin de formation en 2000 et en 2001 dans les institutions de formation des professionnels de santé de Douala. Ce fut l'occasion pour le Secrétaire d'Etat de rappeler que l'Etat va recruter 1200 professionnels de santé au cours de cette année. Il a précisé que 1100 des recrutés seront les paramédicaux.

® le 27 novembre 2001, l'hôpital de district de Lagdo reçoit un important lot de matériels médicaux du FNUAP. Des dons évalués à un coût global de 10 millions de francs CFA.

® le 29 novembre 2001, le Ministre de la Santé Publique, M. Urbain Olanguena Awono signe une décision instituant une nouvelle tarification des médicaments dans les formations sanitaires publiques et au niveau des Centres d'Approvisionnement Pharmaceutiques Provinciaux (CAPP). L'objectif de cette tarification revue à la baisse, dit-on, était de démocratiser l'accès aux médicaments au Cameroun.

® le 1er décembre 2001, le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, S.E.M Peter Mafany Musonge, préside au Palais des Congrès de Yaoundé la cérémonie de création d'un fonds de Solidarité contre le vih/sida. 48.000.000 de fcfa sont collectés en faveur des malades.

® le 7 décembre 2001, Réunion du Conseil d'Administration de l'Hôpital Général de Yaoundé. De cette réunion, il ressortira que l'institution a connu une croissance soutenue de l'activité médicale. Le budget de l'institution pour l'exercice 2001-2002 est équilibré en recettes et en dépenses à la somme de 2.602.085.000 Fcfa. Un budget en augmentation par rapport à celui de 2000-2001 qui était de 2,6 millards.

® le 11 décembre 2001, le Ministre Olanguena de la Santé Publique accorde une interview au quotidien bilingue Cameroon Tribune. Dans cet entretien, il commente sa décision portant sur la nouvelle tarification des médicaments. Cette décision, selon le Ministre, vient mettre fin aux pratiques d'augmentation des prix de médicaments observées dans certains CAPP et formations sanitaires publiques allant parfois jusqu'à 1000% par rapport au prix de cession de la CENAME. Il a évoqué aussi l'harmonisation du prix des test du vih/sida à 1000 CFA.

® Le 14 décembre 2001, l'hôpital Laquintinie de Douala reçoit officiellement un important lot de matériel médical pour une valeur estimée à 250.000.000 Fcfa. Ce don est offert conjointement par la banque humanitaire de la Manche (Normandie) nord-ouest de la France et de la société Doba Logistics S.A.

IV - Critiques et discussions

La critique essentielle que l'on peut formuler à l'endroit de cette étude et qui constitue également la principale limite est que la collecte des informations se soit limitée à la presse écrite. Il est arrivé parfois qu'une information ayant trait à l'économie ou au financement de la santé soit diffusée à la radio ou à la télévision nationale sans pourtant que la presse écrite est jugée nécessaire de la reproduire dans ses colonnes.

S'agissant de l'atteinte du but visé par cette étude, on peut dire qu'il a été atteint partiellement dans la mesure où compte tenu de la masse d'informations engrangées pour ce qui est de l'économie et du financement de la Santé au Cameroun en 2001, on se rend évidemment compte que cesous-secteur de la santé au Cameroun bouge malgré un déficit criard de coordination générale. Les résultats de cette étude, sur bien de point, constituent une preuve par l'exemple de la vitalité économique du secteur de la santé au Cameroun et ceci malgré de nombreuses attentes justifiées des utilisateurs en matière de développement des politiques de santé plus audacieuses. On note donc, à travers cette étude que le secteur de la santé publique au Cameroun en 2001 a été riche au plan économique. Seulement et au stade actuel des résultats fournis par cette étude, il est difficile de dire si les critiques souvent très dures à l'égard des préoccupations économico-financières de la santé au Cameroun sont fondées ou pas. En effet, cela ne peut objectivement s'apprécier que si de telles études se multiplient d'une année sur l'autre afin de permettre des comparaisons et donc de voir plus clair.

Une telle étude aurait été plus complète si elle comportait la liste bibliographiques des titres de presse consultées pour son élaboration. Mais, compte tenu de leur grand nombre (voir méthode) il aurait été très fastidieux d'insérer cette bibliographie et surtout cela n'aurait pas été d'une très grande valeur ajoutée pour ce travail.

V - Conclusion

Cette étude permet de mieux de poser les fondations d'un jugement plus scientifique du niveau de vitalité en matière d'économie et de financement de la santé au Cameroun même s'il est vrai qu'elle n'apporte pas un démenti robuste par rapport aux préjugés défavorables qui entourent la vitalité financière du système de santé au Cameroun. Toutefois, Cette étude montre clairement l'importante place de la collaboration intersectorielle dans le domaine de la santé publique au Cameroun. Elle s'illustre dans à travers la multiplicité des secteurs ayant concouru à la promotion financière et économique de la santé publique au Cameroun en 2001. Ainsi, de la présidence de la république au Ministère de la Santé Publique en passant par tous les autres Ministères et administrations publiques, les actions économiques et financières ont été ressorties dans la présente étude. Il en est de même pour les organisations caritatives, les organismes de coopérations, etc. Ce travail déborde donc largement le cadre restrictif de la santé, entendu ministère de la santé publique, pour mettre en exergue les actions de soutien économique et financière de l'ensemble des secteurs qui ont apporté, d'une manière ou d'une autre, une contribution à la promotion et au développement économique et financier de la santé publique au Cameroun au cours de cette première année du 3ème millénaire. Ce travail attend vos critiques mais également vos suggestions et vos contributions pour une rétrospective plus exhaustive et plus régulière au cours des années à venir.

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12 décembre 2007

LE VIH/SIDA AU CAMEROUN. ETAT DES LIEUX

VIH/SIDA : Etat des lieux

Bien que l’on n’en parle plus avec la même ardeur, la pandémie du VIH/SIDA reste une triste réalité de notre monde. Face aux bilans désastreux des politiques de santé publique, irresponsables, immorales, inadéquates et inefficaces de nombreux pays pauvres, la maladie réputée honteuse, culpabilisante et stigmatisante continue de faire ses ravages dévastateurs. Jusqu’à tout récemment, pour des raisons essentiellement d’ordre éthique, le conseil et le dépistage du VIH se faisaient avant tout à l’initiative du patient, ce qu’on appelle aussi le conseil et dépistage volontaire (CDV). Il revient alors à l’individu de chercher activement à se faire dépister dans un établissement de santé. Avec un peu de recul, on peut constater aujourd’hui que cette méthode s’est heurtée

• d’une part à la faible disponibilité des services,

• d’autre part, et paradoxalement, à la peur de la stigmatisation et de la discrimination,

• mais surtout et enfin, à l’idée qu’ont de nombreuses personnes de ne pas être exposées au risque, même en zone de forte prévalence.

A la recherche de solutions adéquates aux problèmes de stigmatisation et de discrimination qu’engendre cette maladie, de nombreux auteurs ont alimenté les débats autour des questions complexes mais essentielles telles que la “problématique de l’universalité de l’éthique” et “le mythe (voir même l’aberration) du consentement éclairé”.

En effet, dans les pays pauvres, le caractère volontaire du dépistage représente un sérieux obstacle à la lutte contre la pandémie.

Quelle est la réelle capacité des patients démunis et peu instruits à donner un consentement éclairé ? Comment une personne qui n’a jamais entendu parler de bactéries ou de virus pourrait-elle donner un consentement éclairé ? Enfin, quel est l’intérêt pour un individu de se faire dépister, sachant qu’il vit dans un pays dans lequel il n’existe pas de sécurité sociale ?

Selon des enquêtes récentes, en Afrique subsaharienne uniquement 12 % des hommes et 10 % des femmes en moyenne ont eu un test de dépistage et reçu leur résultat. Aujourd’hui, environ 80 % des personnes vivant avec le VIH dans les pays à revenus faibles ou intermédiaires ignorent qu’elles sont séropositives (Onusida 2006).

Vers un dépistage systématique ?

Devant une telle situation, bien que le développement du Cdv reste toujours nécessaire, il devient impératif d’adopter d’autres approches en vue de l’élargissement du phénomène d’information et d’investigation.

Le nouveau guide Oms/Onusida préconise “le conseil et le dépistage à l’initiative du soignant” (Pct : provider initiated counseling and testing). Cette nouvelle recommandation distingue deux cas de figures en fonction de la situation locale :

• En cas d’épidémie généralisée, le conseil et le dépistage du VIH doivent être recommandés à tous les patients fréquentant les établissements de santé, qu’ils aient ou non des symptômes de l’infection et quelle que soit la raison pour laquelle ils sont venus.

• En cas d’épidémie concentrée ou peu étendue, en fonction du contexte épidémiologique et social, les pays envisageront de recommander le conseil et le dépistage du VIH à tous les patients dans certains établissements ou services (soins prénatals, tuberculose, santé sexuelle et de la reproduction, services de santé pour les populations les plus exposées par exemple).

Le contexte camerounais

Quelque 510.000 malades du Sida ont été recensés au Cameroun cette année, alors qu’ils étaient 43.000 en 2004.

Le plan stratégique 2006-2010 de lutte contre le Vih/Sida du gouvernement camerounais vise à réduire d’au moins 50% le nombre de jeunes âgés de 15 à 24 ans infectés par le Vih/Sida.

Cet objectif ne pourra être atteint qu’en adoptant des stratégies innovatrices telles qu’entre autres :• l’introduction de modules de formation et d’enseignement sur le Vih/Sida dans les établissements scolaires du primaire et du secondaire

• la réduction des coûts indirects Vih/Sida (suivi biologique, etc…)

• l’adoption de méthodes appropriées d’information et éducation (storytelling, visual arts, …)

• la promotion d’une activité basée sur le travail participatif et l’intégration communautaire

• la création de réseaux de collaboration (interdisciplinaires, intersectoriels, …)

• l’instauration d’une politique concertative de santé publique

Le passage du dépistage passif au dépistage actif traduit une réelle volonté d’introduire de nouvelles approches et d’améliorer les normes du conseil et du dépistage dans les établissements du secteur public comme du secteur privé. Ces nouvelles méthodologies répondent au besoin croissant des pays souhaitant des lignes directrices plus détaillées et surtout plus déterminées, afin de réaliser leur vœu de parvenir à l’accès universel à la prévention et au traitement du Vih/Sida. Cependant, le chemin reste long et semé d’embûches…

Comportement à risques au Cameroun :

Voici quelques chiffres qui font “froid dans le dos”. Ils sont issus des derniers rapports de l’Onusida et de l’Oms (2006) et devraient nous donner matière à réfléchir !

Pourcentage de jeunes (15-24 ans) ayant eu des rapports sexuels avant l’âge de 15 ans : 28,8%

Pourcentage de jeunes (15-24 ans) ayant des connaissances globales sur le Vih/Sida :30,8%

Pourcentage de jeunes (15-24 ans) ayant eu des rapports sexuels avec un partenaire extraconjugal non cohabitant au cours des 12 derniers mois par rapport à l’ensemble des répondants déclarant avoir eu une activité sexuelle sur la même période (2005)

Hommes 91%

Femmes 44%

Pourcentage de jeunes (15-24 ans) déclarant avoir utilisé un préservatif lors du dernier rapport sexuel avec un partenaire extraconjugal non cohabitant (2005)

Hommes 54,4%

Femmes 42,5%

Pourcentage d’hommes et de femmes (15-49 ans) séropositifs connaissant leur statut sérologique (2004)

Hommes 25,1%

Femmes 23,6% 

Par Dr Philippe R. NGANDEU Le Messager 07-12-2007

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